Autrefois , dans le temps où l 'électricité et la télévision n 'éclairaient pas nos vies , les anciens , lors des longues veillées d 'hiver transmettaient à leurs descendants une quantité d 'anecdotes , contes, légendes reçus de leurs ancêtres et dont le thème était souvent en rapport avec la religion .
 
La robe de noces : 

Une jeune fille de Chardas très orgueilleuse avait acheté une belle robe mais avait oublié le fil pour la coudre . Très ennuyée , elle repartait à Allègre pour en acheter , quand à peu de distance du village elle trouva sur la route du fil en pelote de la couleur de sa robe . Elle ramasse et revient très heureuse de terminer sa robe pour le jour de fête . Elle fut prête et toute fière , entra dans l ' église mais en prenant de l ' eau bénite , la robe tomba en morceaux , le fil avait disparu : le draï était passé par là .


Le diable âne :

 Un homme voyageait à pied, il rencontre un bel âne sur son chemin, et le voilà à califourchon tout content de se reposer un peu . Arrivé prés du village de Chardon, il passa devant une croix et se signa ; L ' âne s ' évanouit et le voyageur stupéfait, fut debout sur la route ...


Meneurs de loups :

 Il y avait jadis beaucoup de loups dans les campagnes et aussi des meneurs de loups . Ces meneurs mettaient dans leurs poches de la viande en décomposition . Les loups la sentaient et les suivaient . Ils n ' osaient pourtant pas trop s ' approcher car notre meneur traînait à l ' extrémité d ' un bâton des chaînes et des grelots dont le bruit les empêchait de trop approcher . Ces meneurs passaient dans les villages et recevaient de l ' argent et des provisions de bouche pour débarrasser les villageois de ces animaux gênants .


Loups-garous :

 Les loups-garous étaient des monstres mi-loup, mi-homme ou des personnes ayant fait un marché avec le diable . Ils pouvaient faire aboyer tous les chiens de 7 paroisses, ils étaient la terreur du pays, mangeaient ce qu ' ils trouvaient pour se nourrir . Comme salaires de toutes leurs extravagances et méfaits, ils recevaient du diable ce qu ' ils voulaient, avalaient les enfants d ' une seule bouchée, sans laisser de trace. Pour s ' en débarrasser, on faisait dire des messes et , s ' ils étaient atteints, ils disparaissaient en loups ou en ours . Un homme des Crozes revenait du marché avec un char attelé de deux vaches . La lune rayonnait dans le ciel étoilé lorsqu' il arriva prés des bois . Là, il aperçut un fantôme qui lui parut d ' abord un homme mais à mesure qu ' il approchait , il se transforma en âne . N ' y tenant, notre homme s ' assied sur le timon de son char, entre ses deux bêtes pour se préserver ; l ' attelage aussi paraissait avoir peur et marchait à grand pas . L ' objet de leur frayeur fut bientôt à côté et notre homme ahuri s ' écria : " Hou ! bougre de loup " mais le fantôme se redressa et grandissait en le regardant . La peur donne des ailes, aussi fut il vite au village à demi-mort . Revenu de son émoi, il raconta comment il avait eu peur et ses voisins lui dirent : " Si tu avais crié : bougre de loup-garou !" il t ' aurait sauté dessus et garrotté " .


Les aventures de Plampougni : 

Au pied du Mont-Bar, au village de Barribas, un couple de paysans n ' avaient pu avoir, on ne sait trop comment, qu ' un tout petit nain, Plampougni. Sa petite taille ne lui permettait guère que de mener paître les petits animaux . Un soir d 'orage, il se mit à l ' abri sous une feuille de chou ; les boeufs n ' étant pas surveillés, s 'en approchèrent et le gros Bouchard, en u tour de langue, saisit la feuille de chou et Plampougni fut aussi happé et avalé . Les boeufs furent reconduis à l ' étable et on se mit à la recherche du malheureux qu ' on ne trouva point . On l ' appelait de tous les côtés, sans réponse ; mais lorsqu ' il fut revenu de son émotion, il cria : " Je suis dans le ventre du gros Bouchard" . Grand émoi chez les siens, on abattit aussitôt le boeuf et on rechercha en vain Plampougni . Un loup affamé était passé et avait emporté une partie des boyaux . Pampougni se trouvait dans son estomac et criait sans cesse : " Au loup ! Au loup ! " .
Le pauvre loup mourait de faim ; sur les conseils d ' un fin renard qui lui conseilla de passer de force entre deux arbres très rapprochés, cela réussit à merveille, mais aussitôt expulsé, Plampougni cherche refuge dans les branches épaisses d ' un arbre . Il était là, tout perdu lorsque deux voleurs vinrent se reposer sous l ' arbre et compter puis partager leur butin . Le partage fait, le plus âgé dit à l ' autre : " Voilà ma part et voici la tienne " . " et la mienne " dit le nain du haut de sa cachette . Les voleurs ahuris prirent la fuite en laissant leur argent . Plampougni s ' en empara et le cacha . Il remonta dans son arbre le long du chemin de Bar, quand son père arriva . Il put donc, à sa grande joie retrouver les siens, avec la richesse et ils redescendirent au village où il vécut heureux .


Ces contes existaient dans d ' autres régions, adaptés aux localités et aux gens ; leurs particularités : souvent le crépuscule ou la nuit avec sa peur ancestrale, de vieilles croyances transmises pour des choses inexpliquées, un recours constant à la religion . Ces légendes sont ici résumées, les développements étaient laissés à la verve des conteurs .